Quelle stratégie pour les textes longs ?
Certains sujets nécessitent de longs développements, certaines démonstrations ne se font pas en deux coups de cuillère à pot. Et si l’on ne se moque pas de son lecteur, on lui doit parfois des explications qui prennent plus de temps qu’un simple discours marketing !
Il faut reconnaître là l’un des paradoxes du Web : si la lecture à l’écran est une contrainte, il n’a jamais été si peu coûteux de diffuser en masse des textes longs ! Et donc difficiles à lire.
Même si la présence de boutons de défilement sur les souris facilite beaucoup la lecture des textes répartis sur plusieurs écrans, il suffit de lever les yeux, laisser glisser son doigt, appuyer sur une touche de défilement, bouger brusquement la souris... pour ne plus savoir où l’on est dans la page, ni où l’on en est dans sa lecture ! Sans même naviguer sur le web, tout utilisateur d’un traitement de texte connaît se problème dès qu’il travaille sur un document long. L’absence de repère fait que l’on se perd rapidement dans les pages de son propre texte... Alors, dans celui d’un autre !
Sur Internet, on dispose d’outils graphiques pour aider le lecteur à se repérer. On peut ajouter des boutons, des outils de navigation.
Mais ces artifices ne suffisent généralement pas pour les textes longs. Pour autant, il ne faut pas céder à toutes les possibilités : si le graphisme clignote, s’anime, attire l’œil coûte que coûte, il fait de la concurrence au texte. On perd en lisibilité ce qu’on gagne, peut-être, en repères graphiques.
Néanmoins, il faut introduire régulièrement des repères forts dans le texte. Ainsi, lors du défilement rapide de la page, on retrouve facilement sa place : « j’en étais trois lignes au dessus de cette image », « Je lisais le deuxième paragraphe après cet intertitre... » Bien placées, les images sont sans doute le procédé le plus efficace. Au mieux, on peut essayer de structurer les choses de façon à ce qu’il y ait quasiment en permanence une image à l’écran, au fur et à mesure que l’on fait défiler le texte.
Evidemment, cela alourdit quelque peu la page. Il ne faut donc pas que ces images soient trop volumineuses en mémoire. A chacun de trouver le meilleur compromis. A défaut d’images en lien direct avec son texte, on peu jouer le décalage : un peu d’humour ne fait pas de mal.
Ou, si le propos est résolument sérieux, utiliser un procédé classique de la presse magazine : l’exergue, ce pavé de texte, placé comme une image. On aura d’ailleurs tout intérêt, dans ce cas, à gérer effectivement ce pavé comme une image : ce qui permet de jouer comme on le veut sur les couleurs, les polices de caractères, les alignements, etc, et de figer l’apparence une bonne fois pour toutes.

On peut également utiliser la balise HTML blockquote, pour bloc de citation, qui présente une citation comme un pavé de texte avec retraits à gauche et à droite, en y ajoutant une touche de couleur, c’est un excellent repère visuel. Voici le résultat, juste avec la balise de base :
Electricien très au courant cherche place pas prise dans le secteur. (Pierre Dac)
On peut aussi se servir de la publicité comme d’un repère visuel, c’est le choix fait par Cyberpresse, au Canada (www.cyberpresse.ca) qui place fréquemment un encart publicitaire au milieu d’un article. Un choix qui peut aussi avoir l’effet inverse de celui recherché et faire fuir le lecteur. A n’utiliser que si l’on est sûr de sa stratégie...
Même si l’on considère que la présence de liens hypertextes dans le corps du texte est un facteur de dérive (le lecteur risque d’interrompre sa lecture pour passer à autre chose si on le lui permet), la présence de ces liens, clairement identifiés, sont autant de repères visuels. Aucun problème donc, pour en user, avec parcimonie s’ils renvoient vers d’autres pages web, avec raison s’ils ouvrent une petite fenêtre en pop up ou un roll over pour une précision. Ainsi, vous pouvez à tout moment demander au lecteur de cliquer ici
’usage de la lettrine, enfin, peut servir à marquer graphiquement les paragraphes. C’est le cas de celui-ci, important, où je tiens à vous préciser que, quels que soient vos choix, il convient de donner à votre page une unité graphique, afin de ne pas heurter l’oeil du lecteur, ce que je n’ai pas fait ici...
De nombreux textes longs ne sont pas écrits spécifiquement pour Internet. Rapports, mémoires, brochures, etc., ces textes bénéficient déjà d’une mise en forme papier satisfaisante. La solution de facilité consiste alors à proposer en ligne le téléchargement d’un fichier PDF : ce format de fichier, lisible sur toutes les machines, permet de conserver la mise en page initiale. Mais il n’est pas réellement conçu pour une lecture à l’écran, il est notamment parfois un peu difficile de se déplacer dans le texte. Par contre, il permet d’imprimer des documents téléchargés en ligne de façon tout à fait satisfaisante.
Microsoft propose un format concurrent, Microsoft Reader, utilisé pour la publication de livres numériques qui offre une qualité de lecture plus satisfaisante à l’écran : il est spécifiquement conçu pour cela. L’un comme l’autre ces deux formats produisent des fichiers un peu « lourds », mais c’est le prix à payer pour les avantages qu’ils procurent.
Autant de trucs et d’astuces qui vous permettront, je l’espère de présenter vos textes bien mieux que celui-ci !


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