Le point de vue d’Hubert Guillaud (LeRomanais)
Issu des rencontres du Forum des usages coopératif et d’une initiative de formation à l’écrit journalistique portée par le réseau I3C, l’Espace Metis, Place-publique et @-brest, Ecrit-public contribue à la mise en réseau de différentes formes d’écrit public.
Voici à ce sujet un point de vue :
Questions à Hubert Guillaud animateur du blog "LeRomanais"
Pourquoi avoir choisi d’utliser ces outils de l’internet ?)
LeRomanais souhaite également mettre en valeur le contenu internet local afin de montrer qu’il vit bien plus qu’on ne le pense et démontrer que les usages web ne sont pas la dernière roue du carrosse des NTIC. Enfin, LeRomanais effectue également un important travail de veille sur l’actualité des blogs locaux et les nouvelles technologies au services des citoyens.
Il manque encore au Romanais d’être plus pédagogique sur l’utilisation des outils et sur l’explication des techniques. On y travaille.
Pourquoi avoir choisi d’utiliser les outils de l’internet ?
L’information locale sur papier demande des moyens considérables et nécessite une énergie démultipliée très vite périssable, alors que l’internet est accessible partout, tout le temps, à tout moment et que les outils de publication dynamique permettent de se consacrer très facilement aux contenus sans se préoccuper de technique. L’un des but du Romanais est justement de montrer que l’ère du papier pour l’information locale est - en partie - révolue. Aujourd’hui, les citoyens sont connectés : il est temps, pour tous les acteurs locaux, de s’en rendre compte. Cela suppose pour autant que la communauté électronique connaisse les ressources électroniques locales...
- Que représente pour vous la notion d’écrit-public ?
Il n’y a pas une forme d’écrit public, les blogs et sites personnels nous le montrent bien (blogs sans liens, journaux intimes, blogs hyperliés, blogs structurés ou non...). La plupart des gens qui pratiquent des activités citoyennes ou locales sont amenés à s’exprimer par écrit (presse locale, tracts, etc.), jusqu’à présent cependant, l’internet demeurait un monde complexe et compliqué réservé aux techniciens.
Aujourd’hui, ces gens peuvent s’y exprimer plus facilement qu’avant. Ils pratiquent déjà tous beaucoup l’échange par mail. Je pense que la "nouvelle frontière" est l’exposition de soi/de son association/de son activité sur le web. Chacun avec son ton et dans le respect des différences.
- Pourquoi avoir fait le choix de contenus ouverts ?
"Si nous avons chacun un objet et que nous les échangeons, nous avons chacun un objet. Si nous avons chacun une idée et que nous les échangeons, nous avons chacun deux idées."
question ouverte (qu’attendez vous de la mise en réseau, quels enjeux, quelles difficultés, quelles réactions à ..) ?
La mise en réseau local me permet d’avoir rencontré (par mail, mais aussi physiquement) des gens que je n’aurais jamais rencontré autrement. L’idée est vraiment d’ailleurs d’éveiller l’attention des acteurs locaux sur l’expression locale et sur l’échange.
Contrairement au monde papier, l’internet permet aux gens de s’exprimer voir de répondre et à chacun de pouvoir marquer ses différences - pas toutes dans l’opposition radicale, bien heureusement.
J’espère que nous apprendrons tous ainsi mieux à faire attention aux propos des autres et que cela donnera plus d’intelligence à l’ensemble. Sans débat, sans arguments, je crois qu’il n’y a pas de démocratie. Or, avec la communication traditionnelle, il n’y a plus de débats ni d’arguments, mais des plaquettes promotionnelles et des communiqués de presse.
Les difficultés que je rencontre sont liés à des pesanteurs sociales assez courantes : la nouveauté du média fait peur, les gens sont rétifs à laisser des traces d’eux sur l’internet (très peu de commentaires notamment et beaucoup d’anonymat). On voit que ceux qui laissent des commentaires sont des gens qui sont déjà très habitués à l’internet (ils ont leur propre site, voir leur propre blog, etc.). En attendant, l’audience du site augmente constamment - même si elle demeure encore faible : une moyenne de 170 visiteurs différents par jours actuellement. Beaucoup d’échanges se font masqués, par e-mail. Il y a une vraie barrière psychologique à l’usage du web. C’est incontestablement la "nouvelle frontière" de l’internet de demain. C’est une véritable étape - et je dois reconnaître que je l’ai franchi moi-même très récemment.
En attendant, mettre en valeur le contenu local est indiscutablement un déclencheur pour l’appropriation de ce média et pour la mise en réseau d’une communauté locale. En accompagnant cette action en ligne de séances de formation aux nouveaux outils de publication (blogs, spip et wikis) et à l’écriture en ligne, j’espère qu’il sera possible d’avancer pour que chacun soit le maître du discours qu’il tient et expose à la communauté. Au bout du compte, LeRomanais est né d’une hypothèse de ce que je crois que l’internet devrait rendre possible que j’essaie concrètement de vérifier.


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